Europe Technologies : vers l’usine 4.0

Finaliste des Trophées INPI dans la catégorie « industrie », Europe Technologies développe des expertises innovantes dans trois domaines complémentaires de l’industrie : le traitement de surface, la robotique et les lignes de production. Le groupe apporte ses savoir-faire aux industriels de domaines aussi variés que l’aéronautique, le naval, l’automobile, mais aussi le monde du spectacle, l’agroalimentaire ou la santé, à travers le monde. Rencontre avec Patrick Cheppe, PDG.
Europe technologies
  • Pour les personnes qui ne vous connaîtraient pas, pouvez-vous nous expliquer l’activité de votre entreprise ? Qui êtes-vous, que faites-vous ? 

 

Patrick Cheppe : Le groupe Europe Technologies est spécialisé dans l’industrialisation, la fabrication et la maintenance de pièces et sous-ensembles composites, métalliques et plastiques. Nos clients sont des industriels à travers le monde, à qui nous proposons notre expertise autour de trois unités : 
•    Les produits et procédés dans les domaines du traitement de surface, du soudage et de l’enlèvement de matière d’ensembles mécaniques métalliques et composites. 
Nous avons par exemple renforcé les structures soudées du pont de Washington à New York. 11 000 zones de soudures sous pont ont été traitées sans avoir arrêté la circulation.
•    La robotique : programmation et installation de robots mettant en œuvre nos procédés sur les pièces des clients.
Nous avons notamment développé des robots de ponçages capables de poncer de façon autonome des pièces de plusieurs mètres de long, telles qu’une coque de bateau ou une structure avion, à partir de quatre points de références de trajectoires. 
•    L’ingénierie et l’intégration : l’étude, la conception, la réalisation et l’installation de moyens de productions en ligne ou d’ensemble mécanique.
Nous avons par exemple réalisé la machinerie du spectacle « Cinescenie » du Puy du Fou, qui permet la montée d’une plateforme de 5 tonnes sur 5 mètres en 48 secondes tous les soirs.

Historiquement, nos clients sont issus de l’aéronautique, de la défense, du naval, de l’automobile et de l’agroalimentaire. Mais nos secteurs d’activité se sont depuis diversifiés. Nous intervenons dans le monde du spectacle, ainsi que dans le secteur de la santé, par la fabrication de machines de soudages de masques, ou encore de l’énergie, où nous développons un système à l’hydrogène pour la propulsion navale. 

Créé en 1993, Europe Technologies compte aujourd’hui 420 salariés répartis sur quatorze sites : quatre sites de fabrications, quatre sites d’ingénierie et services, quatre sites de distribution et deux sites à l’international, en Chine et aux Etats-Unis. 

 

  • Quelle est votre dernière innovation ? Ou l’innovation dont vous êtes le plus fier ? 

 

P. C. : L’innovation dont nous sommes les plus fiers, ou tout du moins l’innovation la plus symbolique pour Europe Technologies, est l’innovation qui est l’origine du groupe : un équipement de traitement de surface ultrason, qui nous a permis de créer notre première entreprise Sonats. Il s’agit d’un outil de traitement de surface portatif n’utilisant que quelques grammes de billes, là où les technologies traditionnelles utilisent plusieurs centaines de kg de billes. Cette solution permet une meilleure reproductibilité et une maitrise totale des effets sur les pièces traitées, et ce sans perte de projectile, permettant des applications en centrales nucléaires. 
Mais nous sommes aussi très contents de notre dernière innovation, un robot de soudage automatisé unique au monde. Ce robot apporte une autorégulation de la soudure avec un pilotage à distance dans toutes sortes de configurations. Il permet par exemple de souder des coques de bateau, en avançant de façon autonome sur la coque. Pour le moment, il n’existe pas de solution équivalente dans le monde. 
Nous en avons déjà vendu plus de 300 dans le monde et avons pour ambition d’en vendre près de 1 000 unités par an.

 

  • Quel est votre projet phare du moment ? 

 

P. C. : Notre gros projet du moment est l’automatisation et la numérisation de tous les procédés que nous vendons via des machines spéciales ou des robots. 
Nos industries ayant des difficultés de recrutement, nous devons permettre aux opérateurs d’évoluer grâce l’automatisation et la numérisation des datas. Le « col bleu » d’hier sera un « col gris » qui applique les mêmes procédés physiques de soudage, d’usinage, ou encore de traitement de surface, avec une méthodologie informatisée et tracée numériquement. C’est l’usine 4.0 : on supprime la pénibilité pour les opérateurs, mais on leur ajoute des fonctions de pilotage et de surveillance de process, qui leur permettront d’évoluer dans leur carrière.

 

  • Quelle est votre stratégie d’innovation et de propriété industrielle ?

 

P. C. : La création du groupe Europe Technologies est basée sur l’innovation technologique de procédés de fabrication pour l’industrie en traitement de surface, soudage et usinage. C’est grâce aux nouveaux produits et services que nous avons développés, et aux marges importantes réalisées sur les produits innovants, que nous avons pu renforcer notre autonomie et notre indépendance financière.

Nos applications vérifiables et défendables dans le monde sont protégées par des brevets, mais nous gardons le secret pour les éléments permettant de mettre en œuvre nos procédés.
Nous avons par exemple breveté des applications de traitement de surface, sans avoir communiqué sur nos algorithmes intégrés.
Par ailleurs, les enveloppes Soleau nous permettent de protéger notre capacité de faire ou d’utiliser, sans empêcher un autre de le faire sur des cas connexes à notre cœur de métier. 

 

  • Que représente pour vous cette nomination aux Trophées INPI ?

 

P. C. : Cette nomination aux Trophées INPI est une reconnaissance de notre stratégie d’innovation et de propriété industrielle. Innover nous permet de nous différencier et de ne pas être dépendant d’un client ou d’un secteur. Nos technologies innovantes et uniques sur le marché, nous ont par ailleurs permis de vendre dans plus de 50 pays, même les plus protectionnistes. Sans les avancées développées, nos filiales en Chine et aux Etats-Unis n’auraient pas tenues. 

 

  • Vous avez bénéficié de plusieurs prestations proposées par l’INPI. Pouvez-vous nous en dire plus ? Et que vous ont-elles apporté ?  

 

P. C. : Nous sommes accompagnés par l’INPI depuis 1992 et le dépôt de notre premier brevet. 
Depuis, nous avons participé à la Master Class PI proposée par l’INPI. Cette formation nous a permis de cibler les bonnes pratiques en matière de PI et ainsi de structurer et renforcer notre stratégie de propriété industrielle. La Master Class a également été un lieu de rencontres et de partage entre industriels, durant laquelle avons pu apprendre des expériences heureuses - et malheureuses ! - de nos camarades de promo.

Chiffres clés * :
  • Date de création : 1993
  • Effectif : 420 collaborateurs 
  • Chiffre d’affaires : 67M €
  • CA à l’export : 30 % du CA
  • Budget R&D : 12 % du CA
  • Budget propriété industrielle : 80K € / an

 

Portefeuille de titres de propriété industrielle : 

  • Brevets : 70 
  • Marques : 9 

 

* déclaratif entreprise