Sericyne réinvente le monde de la soie

Lauréate des Trophées 2018 dans la catégorie Design, Sericyne a inventé un savoir-faire unique au monde : la production de soie en trois dimensions. Comment ? Grâce à des vers à soie qui produisent directement sur des objets de forme variés. Rencontre avec sa dirigeante fondatrice Clara Hardy.
 

> Quelle est l’activité de votre entreprise en quelques mots ?
Clara Hardy
 : Je suis designer et la soie est une matière qui m’a toujours intéressée. Avec un ancien chercheur de l’INRA, nous avons mené des recherches pendant plusieurs années pour mettre au point une méthode de production innovante de la soie : ainsi, les vers à soie ne produisent pas de cocons mais directement des formes variées en 2D et 3D. Notre matière 100 % naturelle est un entremêlement de fils liés entre eux par une molécule filée par le ver à soie, la séricine. Chaque fibre a une longueur d’un kilomètre environ, ce qui confère à notre matière une meilleure résistance qu’avec des fibres courtes. Avec ce savoir-faire unique au monde, nous proposons un intissé précieux, scintillant et léger qui peut être teinté, brodé, plissé, marqué à chaud, gaufré... Et il est aussi possible d’incorporer des éléments au moment du filage, comme des cristaux ou de la feuille d’or. Chaque année, nous développons des collections et proposons des créations sur-mesure. Notre clientèle est composée de marques de luxes dans les cosmétiques, l’horlogerie, la joaillerie, le packaging, etc.

> Que représente pour vous cette nomination aux Trophées INPI ?
C.H. : Cette nomination est une reconnaissance de notre capacité à innover. Pour cela, elle sera mise en avant dans notre communication auprès de nos clients et des laboratoires de recherche.

> Vous êtes nominée dans la catégorie Design, en quoi votre stratégie de propriété intellectuelle est-elle un levier de croissance ?
C.H. : J’ai été très tôt sensibilisée à la propriété intellectuelle. Déjà, du temps de mes études, j’avais déposé des enveloppes Soleau à l’INPI. La PI est pour moi un moyen de donner de la valeur immatérielle à l’entreprise. Au début, quand on n’a pas de clients, ce qui est le plus précieux pour une entreprise est son innovation. Aujourd’hui, nous sommes accompagnés par un cabinet spécialisé et nous allons faire d’autres dépôts car notre technique peut encore être améliorée et étendue.

> Avez-vous un conseil à donner à des entrepreneurs ?
C.H.
: Je dirai qu’il faut penser la PI comme un capital immatériel plus que comme un moyen de se protéger ou de se défendre contre la contrefaçon. Ou en tout cas, pas uniquement pour cela. Il faut réfléchir la PI en tant que business avant la protection. Et de façon plus générale, je conseillerais d’aller à l’essentiel, c’est-à-dire de s’entourer des bonnes équipes et de commercialiser très rapidement.