Un kilomètre à pied, ça use les... godillots ! (1862)

Si le terme n'a aujourd'hui rien de valorisant, le succès de cet entrepreneur franc-comtois du 19ème siècle ferait rêver plus d'un fabricant de chaussures.
 
Brevet n° 52.853, déposé le 1er février 1862 / Crédit image : AGENCE SECRÈTE

Dans le vocabulaire courant, les « godillots » désignent des chaussures inélégantes. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, elles faisaient référence aux chaussures militaires. Le nom vient d'Alexis Godillot : un industriel d'origine modeste, né à Besançon en 1816, qui reprend en 1843 l’affaire familiale de fabrique et vente d'articles de voyage les plus divers.

La guerre de Crimée en 1853 fournira à ce fervent bonapartiste l’opportunité de recevoir de très importantes commandes de l’armée pour la fourniture de tentes, d’accessoires et surtout de ses fameux souliers militaires. Satisfaite, l'armée l'encourage et lui confie de nouveaux marchés dès 1859 : 100 000 paires de chaussures sont produites cette année-là. Avec une nouveauté de taille : pour la première fois, on distingue le pied droit du pied gauche ! Alexis Godillot se diversifie (habillement, bottines pour la cavalerie, courroies…) et poursuit son développement : sa production atteint certaines années 1 200 000 paires.

La chaussure, qu’il améliore grâce au brevet « sur l’imperméabilité du dessous de la chaussure par une application de la gutta-percha » (gomme issue du latex naturel), finira par prendre son nom en raison des quantités considérables produites en 1870-1871.

Brevet n° 52.853, déposé le 1er février 1862