IEMN : Institut d’électronique, de microélectronique et de nanotechnologie

L’IEMN est un grand centre de recherche en micro et nanotechnologies dont les domaines d’applications sont multiples : information, communication, santé ou transports. Les chercheurs y ont aussi à disposition cinq plateaux techniques exceptionnels. Le point avec son directeur, Lionel Buchaillot.
 

> Pouvez-vous nous présenter l’activité du laboratoire en quelques mots ?
Lionel Buchaillot
 : Notre laboratoire est constitué de plusieurs groupes de recherche organisés autour de cinq thèmes majeurs : 1/ la physique et la croissance de matériaux par couches atomiques. 2/ Les micro et nano-systèmes, qui sont par exemple utilisés dans la téléphonie ou dans le secteur de la Défense lorsqu’il s’agit de capteurs notamment. La biotechnologie aussi est concernée, par exemple avec ce qu’on appelle les laboratoires sur puce. 3/ La micro, nano et opto-électronique constituent le cœur de notre activité. Il s’agit ici de repousser à leur dimension ultime les matériaux et composants électroniques. 4/ Le quatrième axe est celui des télécoms. Nous travaillons ici sur des circuits et systèmes susceptibles d’ailleurs d’utiliser les composants du troisième axe de recherche. Parmi les domaines d’application, on compte principalement les communications haut débit ou à grande mobilité et celles à très faible consommation énergétique. 5/ Le dernier axe est celui de l’acoustique. L’ensemble de nos recherches croisent des disciplines variées : physique, électronique, chimie ou mécanique. Le laboratoire est d’ailleurs né en 1992 sous l’impulsion de quatre entités : le CNRS, l’Université Lille 1, l’Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis et l’ISEN — Institut supérieur d’électronique et du numérique. Depuis, s’est ajoutée une cinquième tutelle : l’École centrale de Lille. Enfin, l’une des particularités de notre laboratoire est de posséder cinq grands plateaux techniques. Ils sont utilisables évidemment par nos chercheurs, mais aussi par les industriels.

> Que représente pour vous cette nomination aux Trophées INPI ?
L. B. 
: Elle couronne notre effort de rendre plus visibles les travaux de recherche du laboratoire. C’est en train de changer, mais la valorisation ne fait pas forcément partie au départ de la culture des chercheurs. De plus, comme nous intervenons sur du semi-fini, il n’est pas toujours évident de montrer ou de faire comprendre ce que l’on fait : il est par exemple plus facile de mettre en valeur un robot que ses composants ! Il nous a longtemps manqué l’échelon entre le chercheur et l’industriel, mais ça évolue.

> Vous êtes nominé dans la catégorie recherche ; comment utilisez-vous la propriété intellectuelle dans ce cadre-là ?
L. B. 
: Elle peut prendre plusieurs formes. Nous faisons systématiquement des déclarations d’invention. Quant aux brevets, différentes configurations sont possibles : nous en avons déjà déposé plusieurs dizaines avec des industriels, à nos noms ou encore en propriété partagée avec nos tutelles. Il y a également trois entreprises qui sont nées grâce aux travaux de l’IEMN. Comme nous travaillons sur des technologies très en amont, nous les protégeons parfois par des preuves de concept en misant sur le temps et notre capacité à faire des transferts de technologie à long terme.

> Le thème de cette édition est « Sacrés Français » : qu’est-ce que cela vous inspire ? Vous reconnaissez-vous dans cette expression ?
L. B.
 : L’expression peut être prise dans un sens critique ou comme un compliment ! C’est vrai que les Français peuvent être dans les deux cas de sacrés phénomènes ! Sachant que dans une carrière de chercheur, il est très important je crois de passer du temps à l’étranger. En se comparant avec d’autres pays, le Japon par exemple, on se rend alors compte que nous avons encore des progrès à faire en France en termes de valorisation de nos travaux et de transfert technologique.