Depuis le 1er décembre 2025, un règlement européen permet d'enregistrer les indications géographiques protégées (IGP) pour les produits artisanaux et industriels à l'échelle de l'Union européenne. Une avancée majeure qui confère à ces produits une protection étendue à l'ensemble des 27 États membres et le droit d'arborer le logo officiel « Indication géographique protégée ».
Dans ce nouveau dispositif, l'INPI joue un rôle central et inédit. Il instruit la phase nationale des demandes d'IGP - en vérifiant la conformité du cahier des charges, la représentativité du demandeur et le lien avéré entre le produit et son territoire d'origine - avant de transmettre les dossiers validés à l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), qui conduit l'examen européen et statue sur l'enregistrement définitif.
L’INPI a reçu deux demandes d’IGP : le santon de Provence et l’espadrille catalane. La procédure démarre comme le prévoit le règlement européen, avec la publication des cahiers de charges le 26 juin 2026 dans le BOPI ainsi que dans la base de données INPI sur les IGP.
Ces publications marquent une étape clé dans le processus de reconnaissance de ces savoir-faire traditionnels français.
L’espadrille catalane
Transmis de génération en génération depuis le XIXe siècle, le savoir-faire de l'espadrille catalane repose sur une technique de couture emblématique : le « petit point ». Réalisée à l'aide d'une machine verticale à pédale, cette couture assemble l'empeigne et la semelle intérieure en jute à l'aide d'une tresse de corde, garantissant solidité et durabilité. C'est cette technique qui confère à l'espadrille catalane son identité propre, distincte de celle pratiquée au Pays basque.
Le santon de Provence
Le savoir-faire du santon repose sur des techniques ancestrales préservées dans de petits ateliers familiaux. Les étapes essentielles - création, moulage et décoration - doivent rester manuelles. Façonnés en argile locale, ces figurines incarnent un héritage historique enraciné depuis le XVIIIe siècle et la capacité des santonniers à adapter leurs créations tout en préservant l'identité provençale.