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Jusqu’au 14 février 2027, le Palais Galliera présente « Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au XIXe siècle ». L'INPI y prête trois brevets originaux, issus de ses archives historiques et témoins des inventions qui ont habillé l'émancipation féminine.

Un phénomène encore largement méconnu de l'histoire de la mode

Cet automne, le Palais Galliera, musée de la Mode de Paris, met en lumière un phénomène encore largement méconnu : l'appropriation, par les femmes du XIXe siècle, des codes vestimentaires masculins de leur temps. 

Le parcours en déroule les étapes : de l'anglomanie qui importe la redingote et le spencer à partir du milieu du XVIIIè siècle jusqu'au triomphe du costume tailleur dans le tournant des années 1890, en passant par le pantalon dissimulé sous la jupe (porté par des femmes comme George Sand), par la cycliste en culotte bouffante des années 1890 et par les emprunts d'inspiration militaire – brandebourgs, soutaches, galons ou aiguillettes – qui habillent celles qui réclament une plus grande maîtrise de leur existence.

Riche de près de 500 œuvres – costumes d'amazone, pantalons, costumes tailleurs, cravates, nœuds, hauts-de-forme… –, l'exposition permet notamment de contempler, pour la première fois et dans son intégralité, la garde-robe de la peintre Rosa Bonheur.

L'exposition dévoile comment l'adoption de plus en plus prononcée des codes du vestiaire masculin accompagne une volonté de transformation profonde de la place des femmes dans la société du XIX e siècle. Le costume d'amazone, conçu pour monter à cheval, puis adapté pour le vélocipède, y occupe une place singulière : il « ouvre une brèche dans les partitions genrées » en faisant entrer l'art des tailleurs, jusque-là tout entier tourné vers l'expression des masculinités, au service des corps féminins. À la faveur del’ouverture de leur clientèle à la gent féminine, des tailleurs se spécialisent et deviennent « amazoniers ».

Planche manuscrite sur papier jauni présentant de nombreux patrons de vêtements et gabarits numérotés, annotés en français, avec le croquis d’une tête vue de face, de haut et de profil gauche en haut à droite.
Brevet d'invention déposé le 2 mai 1838 par Georges Delas pour un nouveau mécanisme propre à prendre la mesure de toutes les conformations de l’homme et de la femme (1BA6609, archives INPI).

Trois brevets originaux prêtés par l'INPI

Cette histoire de mode est aussi une histoire de propriété industrielle. 

La transformation des garde-robes féminines s'est appuyée sur des inventions concrètes — systèmes de prise de mesures, perfectionnement des coupes, nouveaux mécanismes —, que leurs auteurs ou auteures ont choisi de protéger par des brevets.

Dessin technique en portrait représentant cinq figures numérotées de patrons d'une jupe d'amazone (pièces à plat, coutures, boutonnerie, ceinture), tracées à l'encre sur papier crème, avec annotations manuscrites et tampon en bas à gauche.
Brevet d'invention n°248267 déposé le 18 juin 1895 par Abbie Galloway pour une amazone perfectionnée (1BB248267, archives INPI).

Les trois brevets qui ont été prêtés par l’Institut jalonnent un siècle d'innovation vestimentaire. 

Le mécanisme de Georges Delas témoigne des recherches menées dès les années 1830 pour adapter les coupes à tous les corps, qu’ils soient masculins ou féminins. 

Le brevet de Henri Bertaux, déposé en 1861 par un tailleur, illustre la spécialisation de la profession dans la confection des costumes d'amazones. 

Et près de trente-cinq ans plus tard, le brevet d'Abbie Galloway – relatif « aux amazones spécialement disposées pour être portées par les dames montant en bicyclettes » - montre que les femmes n'ont pas seulement adopté ces vêtements : elles en sont aussi devenues les innovatrices.

Quelques recherches permettent d’ailleurs de constater un fait intéressant : Abbie B. Galloway, citoyenne américaine, dépose en France et en Grande-Bretagne le jour même de la délivrance de son brevet américain, le 18 juin 1895 : une stratégie de protection industrielle internationale déjà bien coordonnée !

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À propos du site des archives de l’INPI

Contenu

Les archives historiques de l’INPI sont accessibles via la plateforme DATA INPI, onglet « archives historiques ». 

Destiné à la fois au grand public, aux chercheurs et aux professionnels, ce site Internet donne un accès simple et rapide à deux fonds dont l’un est constitué de 410 000 brevets d’invention déposés entre 1791 à 1901 et l’autre de 460 000 marques de fabrique et de commerce déposées entre1857 à 1920.

En vertu d’une convention signée en 2008 avec le ministère de la Culture, l’Institut a le rare privilège de gérer directement les archives historiques qu’il conserve. Fruits de la créativité d’inventeurs, d’ingénieurs mais aussi d’artistes, elles sont l’une des sources incontournables de l’histoire des techniques mais aussi économique, sociale et culturelle de la France depuis le XIXe siècle.

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