Lauréate en 2016, Wandercraft était une jeune pousse avec une ambition audacieuse : permettre aux personnes à mobilité réduite de marcher sans béquilles. Aujourd’hui, ses exosquelettes équipent plus de 150 centres de rééducation dans le monde. À l’occasion de l’édition spéciale 35 ans des Trophées INPI, retour sur cette entreprise française qui illustre bien la façon dont l’innovation peut transformer des vies et bouleverser des secteurs économiques.
En 2016, Wandercraft n’était qu’une technologie, une équipe et une ambition : « permettre à des personnes qui ne peuvent plus marcher de se lever et de se déplacer », rappelle Fabien Expert, CTO. Dix ans plus tard, ses exosquelettes équipent plus de 150 centres de rééducation dans le monde.
La start-up a depuis lancé Eve – son exosquelette à destination des particuliers, qui a obtenu la clearance FDA1 cet été pour une commercialisation aux États-Unis. « C’est une avancée majeure qui marque l’aboutissement de plus de dix années de recherche et de développement et qui concrétise la vision fondatrice portée par l’entreprise depuis ses débuts ! », s’enthousiasme le CTO de Wandercraft.
L’entreprise a aussi étendu sa technologie à la robotique humanoïde avec Calvin – conçu pour des applications logistiques. Et Fabien Expert de constater : « Wandercraft a grandi, s’est internationalisée et industrialisée, mais le fil conducteur reste le même : être utile à la société en développant des robots capables d’interagir physiquement avec le monde réel, de manière sûre ».
La technologie de Wandercraft repose sur un défi de taille : « faire marcher un exosquelette sans que la personne qui l’utilise ne soit obligée d’avoir des béquilles ». Pour y parvenir, le robot doit maintenir son équilibre et adapter ses mouvements en temps réel. « Cela nous a conduits à développer une expertise très forte en contrôle dynamique, mécatronique, logiciel et IA », poursuit Fabien Expert. Ce socle technologique permet aujourd’hui de faire marcher des patients avec un exosquelette, mais aussi de développer un robot humanoïde capable de se déplacer seul, de manipuler des charges lourdes et de réaliser des tâches en environnement industriel.
Pour aboutir à ces deux produits phares, il a fallu transformer des travaux de robotique avancée en produits fiables, utilisables au quotidien et conformes aux exigences médicales : « Nous avons dû apprendre à maîtriser toute la chaîne : mécanique, électronique, contrôle, logiciel, règlementaire, clinique et industrialisation », insiste le CTO. C’est aussi ce qui a créé notre patrimoine technologique : chaque difficulté résolue a produit du savoir-faire et, lorsque cela était pertinent, de la propriété intellectuelle. »
En 2025, le partenariat engagé par Wandercraft avec Renault pour industrialiser ses robots autonomes a marqué une étape clé. « Un partenariat industriel de cette ampleur suppose de savoir très clairement ce que chacun apporte. Après plus de dix ans de R&D, notre technologie repose sur un ensemble de savoir-faire, mais aussi sur un portefeuille de brevets, marques, dessins et modèles. Cette propriété intellectuelle permet de matérialiser ce que Wandercraft a construit et de définir un cadre clair pour collaborer, partager et déployer sur le terrain de nouvelles technologies. La propriété industrielle n’est donc pas seulement défensive : elle crée les conditions de partenariats industriels ambitieux et équilibrés », souligne Fabien Expert.
Chez Wandercraft, les dessins et modèles occupent une place centrale dans la stratégie de propriété industrielle : « En robotique, l’innovation n’est pas uniquement dans les algorithmes ou la mécanique interne. La forme d’un robot résulte de nombreux choix fonctionnels – encombrement, intégration des composants, interaction avec l’utilisateur –, mais elle construit aussi son identité. Nous cherchons donc à protéger l’innovation avec les outils les plus adaptés à chaque élément : brevets pour certaines solutions techniques, marques pour notre identité et dessins et modèles pour l'apparence de nos produits. Cette complémentarité permet de protéger un produit dans sa globalité ».
L’accompagnement en matière de propriété intellectuelle repose avant tout sur un cabinet de conseil en propriété industrielle. Il est complété par des échanges avec un chargé d’affaires l’INPI : « ses différentes visites ont notamment été l’occasion de nous sensibiliser aux bonnes pratiques en matière de propriété industrielle, de nous présenter les dispositifs et outils disponibles et, plus généralement, de nous aider à prendre du recul sur la structuration de notre démarche », note Fabien Expert.
De son côté, Lucie Jehan, Chargée d’affaires INPI, témoigne : « Le suivi de Wandercraft a débuté dès 2012 et, avant même l’immatriculation de l’entreprise, l’INPI était déjà à leurs côtés pour poser les premières pierres ! Dix ans plus tard, forts d'un portefeuille de propriété intellectuelle bien consolidé, les dirigeants se sont à nouveau tournés vers nous. Ce fut l'occasion d'organiser plusieurs rencontres afin de faire le point sur leur stratégie de protection et d'ancrer les bonnes pratiques dans leur quotidien. Wandercraft nous a sollicités sur de nouveaux enjeux : la protection à l'international et les problématiques douanières. Ils ont pu compter sur l'expertise de nos conseillers régionaux pour répondre à ces questions très spécifiques. »
En parallèle de ce suivi, l'entreprise a bénéficié d'un diagnostic Empreinte PI qui lui a permis d'évaluer la maturité de sa pratique en matière de propriété intellectuelle et d'identifier de nouveaux leviers d'amélioration.
Et demain ? Wandercraft voit la robotique humanoïde comme une révolution industrielle comparable à celles de l’automobile ou des LLM2. « Elle permettra d’abord, comme le montrent les premiers déploiements, de soulager l’humain des tâches pénibles, répétitives ou dangereuses, puis elle ouvrira des usages que nous imaginons à peine aujourd’hui ! La France et l’Europe disposent de la recherche, des ingénieurs et du tissu industriel pour être parmi les leaders de cette révolution. Mais, inventer ne suffit pas : il faut savoir protéger nos innovations, les industrialiser ici et construire des champions capables de les déployer mondialement. C’est cette ambition que nous portons chez Wandercraft », conclut Fabien Expert.
1. La clearance FDA est une validation officielle donnée par la Food and Drug Administration (l'agence américaine des produits de santé) permettant de commercialiser un dispositif médical aux États-Unis.
2. Un LLM (Large Language Model en anglais, ou grand modèle de langage) est un type d'intelligence artificielle conçu pour comprendre, interpréter et générer du texte en langage naturel.
Titre
Données clés (2025)* :
- Année de création : 2013
- Effectif : 156
- Chiffre d’affaires : 7.1M€
- Budget R&D : 4.6M€
- Budget propriété industrielle : 0.2M€
- Principaux pays d’exportation : USA / Europe
*déclaratif entreprise
Titre
Portefeuille de titres de propriété industrielle (2026)* :
- Nombre de brevets : 130
- Nombre de marques : 53 marques (dont 4 marques françaises, 4 marques nationales étrangères et 6 marques internationales correspondant à 39 désignations)
- Nombre de dessins et modèles : 20 modèles (dont 2 modèles européens, 6 modèles nationaux étrangers et 2 modèles internationaux correspondant à 10 désignations)
*déclaratif entreprise