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Après le santon de Provence et l'espadrille catalane, l'INPI a reçu une troisième demande d'IGP : le Morta, bois fossilisé emblématique du marais de Brière (Loire-Atlantique). Comme le prévoit le règlement européen, la procédure démarre avec la publication du cahier des charges dans la base de données INPI sur les IGP.

Cette publication marque une étape clé dans le processus de reconnaissance de ce savoir-faire traditionnel français.

Dans ce nouveau dispositif, l'INPI joue un rôle central et inédit. Il instruit la phase nationale des demandes d'IGP - en vérifiant la conformité du cahier des charges, la représentativité du demandeur et le lien entre le produit et son territoire d'origine - avant de transmettre les dossiers à l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), qui conduit l'examen européen et statue sur l'enregistrement définitif.

Pour rappel, depuis le 1er décembre 2025, un règlement européen permet d'enregistrer les indications géographiques protégées (IGP) pour les produits artisanaux et industriels à l'échelle de l'Union européenne. Il s’agit d’une avancée majeure qui confère à ces produits une protection étendue à l'ensemble des 27 États membres et le droit d'arborer le logo officiel « Indication géographique protégée ».


Le Morta :

Le Morta, terme issu du patois briéron, désigne un bois partiellement minéralisé, issu principalement de chênes, de bouleaux et de châtaigniers en cours de fossilisation, extrait dans le marais de Brière. Enfoui depuis plusieurs milliers d'années dans les tourbes noires du marais, protégé de l'oxygène, ce bois s'est minéralisé et chargé en silice, offrant une variété de teintes allant du cognac clair au noir profond. Sa dureté exceptionnelle en fait aujourd'hui une matière recherchée par les artisans locaux pour la fabrication de couteaux, bijoux, pipes, stylos et œuvres d'art.

L'aire géographique de l'IGP couvre les 21 communes de Brière, situées en Loire-Atlantique, où se déroulent les opérations de recherche, d'extraction et de production du Morta. Le Morta est d'abord détecté à la sonde, puis extrait manuellement à la pelle, selon des règles précises fixées par la Commission Syndicale de la Grande Brière Mottière : elle se limite à 40 troncs par producteur et par an, entre le 15 septembre et le 30 octobre, avec remise en état systématique du site après extraction.

Le groupement de producteurs à l'origine de la demande est l'Association Briéronne des Artisans du Morta (ABAM).

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