Contexte général

Entre 2014 et 2023, le nombre de familles de brevets déposées chaque année par les start-up greentech françaises labellisées a été multiplié par 21, passant d'une vingtaine à plus de 430 dépôts annuels. Cette dynamique traduit la montée en puissance d'un écosystème encore jeune, mais dont l'activité inventive s'accélère fortement, dans des domaines clés de la transition climatique tels que les batteries, l'hydrogène ou l'aviation décarbonée. 

Parmi les entreprises qui déposent, la cadence des dépôts successifs suggère que, pour une part significative d'entre elles, l'activité inventive s'inscrit dans la continuité plutôt que dans une démarche ponctuelle.

Principaux résultats

Sur la période étudiée, 2 837 start-up greentech françaises ont été identifiées via le label « Observatoire des Greentech ». Parmi elles, 28 % (803 entreprises) ont déposé au moins un brevet, totalisant 2 288 familles de brevets, soit environ 2,9 familles par entreprise déposante.

Les start-up déposantes présentent des profils plus matures que les non-déposantes : elles emploient en médiane 10 salariés contre 6, et accèdent au financement dans 53 % des cas, contre 32 % pour les non-déposantes. 

Lorsqu'elles lèvent des fonds, le montant médian atteint 4,65 M€ pour les déposantes, contre 2,72 M€ pour les non-déposantes, soit un écart de 70 %. Cet écart se creuse aux stades de financement les plus avancés (Series B et C).

La dimension internationale de la protection est particulièrement marquée : 77,5 % des brevets déposés par les start-up greentech françaises sont étendus à l'international, témoignant d'une stratégie de protection pensée pour les marchés étrangers.

L'écosystème greentech français présente par ailleurs une forte dimension territoriale : 75 % des start-up déposantes sont situées hors Île-de-France, avec des spécialisations régionales marquées : batteries et dépollution en Auvergne-Rhône-Alpes, hydrogène en Occitanie, stockage d'énergie en Nouvelle-Aquitaine.

Trois domaines technologiques se distinguent par leur intensité brevet : les batteries, l'hydrogène et l'aviation décarbonée, avec une moyenne de 2,9 à 3,7 familles de brevets par entreprise. Ces secteurs, à forts besoins capitalistiques, sont ceux où l'écart de financement entre déposantes et non-déposantes est le plus marqué suggérant que la propriété industrielle accompagne et soutient les stratégies de levée de fonds.

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