Vis ma vie de chargé de diffusion des données « marques »

Rencontre avec Nil Abrantes, chargé de diffusion des données « marques », au sein de la Direction de la propriété industrielle.

Quel a été ton parcours pour exercer le poste que tu occupes aujourd’hui ?


Nil Abrantes : Après mon baccalauréat et une prépa scientifique, j’ai intégré Central Nantes et suivi des études d’ingénieur mécanique, durant lesquelles j’ai réalisé deux stages : le premier en informatique, dans le secteur de l’aéronautique, le second dans un laboratoire de recherche, en Allemagne. Mais c’est à l’école, lors d’une présentation sur la propriété industrielle (PI) réalisée par un intervenant de l’INPI, que mon intérêt pour la PI s’est développé. A la fin de mon parcours universitaire, je me suis donc tourné vers l’Institut pour trouver mon premier emploi. 

Je suis entré à l’INPI en juin 2015 en tant qu’ingénieur de recherche, puis ingénieur brevets. En parallèle, je me suis impliqué dans différents projets transverses, notamment informatiques.

Ma double compétence « techniques informatiques » et « connaissance de la propriété industrielle » m’a amené à postuler, en 2019, au poste de chargé de diffusion des données. Le poste à pourvoir concernait le domaine des « marques » : nous avons chacun un domaine attitré, les autres domaines étant notamment « brevets », « dessins et modèles » et « RNCS » (Registre national du commerce et des sociétés).

 

Quel est le rôle d’un chargé de diffusion des données ? Explique-nous en quoi consiste ton métier.


N. A. : L’INPI donne accès gratuitement à l’ensemble des titres de propriété industrielle - brevets, marques, dessins et modèles - sur la plateforme DATA INPI. Cette plateforme permet aux utilisateurs – entreprises ou cabinet de conseil en propriété industrielle notamment – d’accéder à tout l’historique des données et de réaliser des recherches sur leur secteur d’activité : l'utilisateur peut par exemple faire l’état des lieux des marques déposées en France dans un secteur, explorer la base des dessins et modèles, consulter les brevets dans son domaine d’innovation, soit grâce au moteur de recherche, soit via des API (Interface de programmation d’application). Cette plateforme compte près de 60 millions de données disponibles et près de 500 000 utilisateurs.

Je travaille pour ma part sur la base de données « marques », qui donne accès aux informations relatives aux marques françaises depuis 1976, ainsi qu’aux marques de l’Union européenne et internationales en vigueur : nom de la marque, logo et/ou dessin, déposant, mandataire, lieu et date du dépôt, historique des évènements sur la marque (publication, enregistrement, modification), etc.

Le rôle du chargé de diffusion des données marques est de s’assurer de la qualité, de la complétude et de la bonne diffusion de ces données. Pour cela, nous récupérons les fichiers correspondant aux informations publiées dans le bulletin officiel de la PI dès sa sortie, ainsi que les informations de nos homologues étrangers (EUIPO, OMPI), et les « injectons » dans la base.

Les informations étant organisées différemment et les formats des fichiers n’étant pas similaires, cette étape nécessite de faire des transcriptions de données et de créer des notices.
Il est par ailleurs fréquent de rencontrer des bugs et messages d’erreur. Il faut alors déterminer l’origine de l’anomalie et intervenir sur la chaine de diffusion pour la corriger.  C’est un passionnant travail d’investigation et de recherche.

J’interviens également sur la chaine de diffusion lors de projets d’évolution plus importants. Cela a été le cas lors de l’entrée en vigueur du « Paquet Marques » par exemple, qui a autorisé l’enregistrement de nouveaux types de marques, comme les marques « sonores » ou « de mouvement ». Il a alors fallu spécifier les nouveaux besoins, modifier la chaine et réaliser des tests pour vérifier que les nouvelles données soient acceptées, dans des formats mp3 et mp4 jusqu’ici jamais utilisés.

Par ailleurs, je travaille avec les offices PI européens et internationaux : je gère l’envoi des données de l’INPI à nos homologues et je participe ponctuellement à des projets de coopération, notamment sur l’harmonisation des données.

Il m’arrive aussi de réaliser des requêtes sur les bases dans le but de réaliser des statistiques.

 

A quoi ressemble une journée de travail type ?


N. A. : Il n’y a pas vraiment de journée de travail type : les semaines d’un chargé de diffusion des données ne sont pas sujettes à la routine et sont souvent faites de surprises. Mon travail est rythmé par la mise à jour hebdomadaire – tous les vendredis – de la base marques, ce qui implique notamment des analyses d’anomalies, corrections, tests, parfois travail avec des prestataires, mais je travaille également sur de gros projets, à plus long terme, comme la refonte du référentiel marque. La majorité des projets sur lesquels j’interviens a pour objectif de faire évoluer les chaines et les portails, pour les rendre plus cohérents et faciles d’utilisation, pour nous et pour l’utilisateur.

 

Quelles sont les relations au sein de l’équipe et avec ton manager ?


N. A. : Les relations au sein de l’équipe et avec mon manager sont très bonnes. Il y a un réel esprit de cohésion et de solidarité. Lorsque l’un de nous a une interrogation ou rencontre une difficulté, il y a toujours quelqu’un qui propose son aide.
Ma prise de poste s’est effectuée pendant la crise sanitaire liée au Covid-19, nous étions donc principalement voire intégralement en télétravail. Pourtant, je me suis très bien intégré, nous avons réussi à créer et à garder le lien, notamment grâce à des réunions d’équipe régulières.

Sur mes activités principales, je suis très indépendant, mon manager m’accorde une grande confiance. Mais il m’arrive de travailler avec lui sur certaines missions, qui demandent une vision plus globale.
Dans le pôle, nous essayons de toujours partager ce que nous faisons, ce que nous avons appris, pour continuellement apprendre et pouvoir se remplacer en cas de besoin.

 

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ton métier ?


N. A. : Etre chargé de diffusion des données c’est apprendre de nouvelles choses en permanence : sur les procédures à l’INPI, et sur le côté plus technique des chaines de diffusion. Nous avons la chance de pouvoir suivre des formations pour enrichir nos connaissances et consolider nos compétences. Mais j’apprends également beaucoup lorsqu’il y a des anomalies, en investiguant et en échangeant avec des collaborateurs.

 

Quelles sont les qualités qu’il faut pour ce métier ?


N. A. : Il faut d’après moi être polyvalent et capable de s’adapter. Nos missions sont très variées, nous intervenons aussi bien sur la partie informatique que sur la partie métier. En effet, bien que nous travaillions en étroite collaboration avec les juristes et ingénieurs de l’INPI, nous devons tout de même bien comprendre les données que nous manipulons.

Mais ce sont surtout les compétences techniques et informatiques qui ont de l’importance. Il faut bien comprendre la machine, notamment le langage SQL, pour pouvoir intervenir soi-même, réaliser des scripts de corrections et d’export. Il faut être le plus autonome et réactif possible en cas de problème. La dimension technique du métier prend de plus en plus d’ampleur.

 

A quoi ressemblent l’ambiance et la vie à l’INPI ? Sur ton temps de travail et en dehors.


N. A. : L’ambiance au sein de l’INPI est détendue, bienveillante. Grâce aux différents postes que j’ai occupés et aux nombreux projets transversaux auxquels j’ai participé, j’ai eu l’opportunité de travailler avec beaucoup de collaborateurs, issus de divers départements et directions, les relations ont toujours été faciles et chaleureuses.

A l’intérieur de l’INPI, nous avons plusieurs espaces aménagés où il est possible de se retrouver, discuter, faire une pause : autour de la machine à café, sur les terrasses,  à la cafeteria, ou encore à l’occasion de cours de sport proposés entre midi et deux notamment, par notre association sportive et culturelle.

Avant la crise sanitaire, je faisais d’ailleurs du basket sur ma pause déjeuner et nous nous retrouvions souvent entre collègues, à l’extérieur, en dehors de nos heures de travail, pour aller au restaurant, boire un verre ou faire du sport.
J’ai par ailleurs toujours eu au moins un jour de télétravail par semaine (avant Covid), me permettant de réaliser les tâches pour lesquelles j’ai besoin d’être en autonomie et non interrompu.

L’équilibre vie professionnelle et vie privée est très respecté à l’INPI. Les horaires sont flexibles, et les congés nombreux, c’est très appréciable de pouvoir organiser son travail en fonction de ses contraintes personnelles.