Trois questions à Z3Dlab

Créée en 2014, Z3DLab est spécialisée dans la « fabrication additive métal », dite aussi « impression 3D métal ». En l’occurrence, un mode de fabrication directe des pièces contrairement au processus traditionnel d’usinage. La société développe également des poudres issues de la fusion entre du titane et de la céramique (ZTI-Powder) pour l’impression 3D. Jean-Jacques Fouchet est le cofondateur et vice-président Business Development de Z3DLab.
 

Comment avez-vous déployé votre stratégie d’innovation ?
Jean-Jacques Fouchet : Nous avançons de manière concomitante dans plusieurs directions. Z3DLab a mis au point un nouveau matériau pour l’impression 3D métal : la poudre ZTI-Powder, dont les caractéristiques varient en fonction des proportions du mélange titane/céramique. Nous nous sommes demandé dans quels secteurs cette innovation pourrait trouver un débouché. C’est ce que j’appelle la stratégie du cheval de Troie : nous démontrons les qualités de notre matériau dans différents domaines grâce à une application concrète, nous le faisons connaître et pouvons ainsi nous développer encore plus. Nous avons notamment conclu un premier partenariat avec une entreprise référente de l’industrie aéronautique qui est intéressée par les caractéristiques mécaniques et thermiques de ce nouveau matériau. Nous avons mis au point un matériau, le ZTI-Med que nous utilisons dans la fabrication d’un implant dentaire innovant. C’est un énorme marché potentiel, estimé à dix milliards de dollars par an. De premiers tests in vivo d’implants sont en cours. Nous fabriquons des prototypes et sommes soutenus sur ce point par la région Île-de-France dans le cadre du programme INNOV'up Proto 2016. Par ailleurs, nous avons créé une joint-venture avec une société coréenne spécialisée dans les semi-conducteurs pour construire ensemble un centre de fabrication additive. Comme vous le voyez, nous travaillons sur plusieurs plans à la fois ! Nous sommes également en train de créer une structure de commercialisation pour commencer à proposer nos différents produits.

Comment avez-vous protégé vos innovations ?
J-J. F. : Nous sommes une société de technologies : la stratégie en matière de propriété industrielle est vitale pour nous. Nous avons à ce jour déposé quatre brevets : deux sur les matériaux, un sur le design de l’implant dentaire et un sur la manière dont notre matériau peut s’imbriquer sur la cage intervertébrale. En effet, nous imaginons déjà de nouvelles applications possibles pour notre matériau. Ses caractéristiques d’élasticité pourraient intéresser les fabricants de prothèses. Nous sommes aussi en train de développer des outils industriels pour la production que nous allons bientôt protéger. Enfin, nous avons déposé cinq marques pour nos poudres de fabrication additive.

Avez-vous déjà été confrontés à de la copie ?
J-J. F. : Nous n’avons pas encore été copiés pour l’instant. Notre technologie est assez récente. Il faut aussi surmonter beaucoup d’obstacles pour parvenir à produire notre matériau et à l’amener au stade industriel. Néanmoins, nous avons protégé nos innovations au niveau mondial, grâce à l’aide d’un cabinet spécialisé en la matière. En ce qui concerne notre association avec l’entreprise coréenne, nous avons décidé que ce qui serait produit en matière de propriété industrielle appartiendrait à la joint-venture. Je ne suis pas inquiet sur ce point : la Corée est sans doute le seul pays dans lequel existe un ministère régalien de propriété industrielle. Nous sommes parfaitement protégés là-bas !