Traxens assure la traçabilité des conteneurs maritimes

Lauréate des Trophées 2018 dans la catégorie Brevet, Traxens, PME marseillaise spécialisée dans le transport maritime conteneurisé passe à l'ère numérique. Après plusieurs années de tests grandeur nature, l’entreprise propose aux transporteurs des boîtiers électroniques à fixer sur les conteneurs afin de leur fournir des informations à forte valeur ajoutée. Rencontre avec Jérome Joussen, secrétaire général de Traxens.
 

>  Quelle est l’activité de votre entreprise en quelques mots ?
Jérome Joussen : Notre entreprise est née d’un constat : le monde de la logistique est complexe, soumis de plus en plus à des pressions réglementaires, des exigences de délais, de qualité, etc. Autant d’éléments qui nécessitent un suivi rigoureux en temps réel de la chaîne logistique, et plus particulièrement du transport conteneurisé. D’où l’idée de passer à l’ère du numérique, de penser la logistique de demain. C’est ainsi qu’après cinq ans de recherche, nous avons mis au point un boîtier de traçabilité qui fournit aux propriétaires des conteneurs et à ceux qui les utilisent (les chargeurs) des informations inédites : la position du conteneur en mer et sur terre, l’intensité des chocs éventuellement subis, l’historique des ouvertures et fermetures de portes, les variations de température dans l’environnement de la boîte, etc. Ce que nous vendons, ce ne sont pas les boîtiers mais les données qu’ils recueillent.

>  Que représente pour vous cette nomination aux Trophées INPI ?
J.J.
: C’est important pour nous car Traxens est une entreprise technologique. Cette nomination nous conforte dans les choix que nous avons opérés en matière de Propriété industrielle (PI). Nous communiquerons autour de cette distinction pour mettre en avant le fait que notre politique de PI est reconnue.

>  Vous êtes nominé dans la catégorie Brevet, en quoi votre stratégie de propriété intellectuelle est-elle un levier de croissance ?
J.J.
 : L’INPI nous a accompagnés dès le début. Nous avons même suivi des formations proposées par l’Institut. Depuis, nous sommes conseillés par des spécialistes. Notre objectif en déposant est de sécuriser nos innovations car nous développons des techniques sensibles qui participent à notre compétitivité. Il s’agit aussi de nous donner l’opportunité de pouvoir diffuser nos technologies afin que les acteurs de notre écosystème puissent les utiliser et contribuer ainsi à développer la logistique 4.0. Aujourd’hui, nous gérons notre portefeuille de brevets de façon à mettre sur le marché de nouvelles innovations au meilleur moment et qui apportent de nouveaux services à nos clients. Dans cette logique, nous poursuivons nos partenariats avec des laboratoires publics comme l’INRIA avec qui nous avons déposé 3 brevets. Et nous n’oublions jamais qu’avant de penser PI, il faut penser innovation. Garder à l’esprit qu’une invention ne va pas nécessairement révolutionner quoi que ce soit : il faut toujours se focaliser sur ce qui peut vraiment apporter une réponse à une problématique.

>  Avez-vous un conseil à donner à des entrepreneurs ?
J.J.
 : Je dirais qu’il y a encore beaucoup à innover pour faire évoluer l’économie de notre pays, donc autant de possibilités d’entreprendre. La PI a un rôle important à jouer dans tout cela. J’insisterais sur deux points : la nécessité de défendre ses innovations, et penser la PI comme un moyen d’avoir un impact sur son marché afin de mieux piloter sa mutation technologique.