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Plus de 4 milliards d’euros de produits pharmaceutiques contrefaisants commercialisés dans le monde

31 / 03 / 2020
L’OCDE et l’EUIPO ont publié conjointement un rapport révélant que près de 4 milliards d’euros de produits pharmaceutiques contrefaisants sont commercialisés dans le monde. L’Union des Fabricants (Unifab), association française de lutte anti-contrefaçon pour la promotion et la défense du droit de la propriété intellectuelle, commente les principaux enseignements mis en lumière par cette étude.
 

Nombreux sont les faux produits médicaux présents sur le marché depuis des années, et les résultats divulgués par le rapport de l’Organisation de coopération et développement économique (OCDE) et de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) confortent les propos de l’Unifab, qui alertent fréquemment sur les faux antibiotiques, analgésiques et médicaments de confort, les catégories de produits de ce secteur les plus prisés par les contrefacteurs.

Il est important de rappeler que ce phénomène n’est pas nouveau : déjà en 2013, la douane française avait intercepté plus de 1,3 million de faux sachets d’aspirine dans le port du Havre. Plus récemment, les saisies opérées par les autorités publiques européennes font également état de l’émergence de faux vaccins, de traitement anticancéreux contrefaisants, de faux médicaments contre le diabète ou contre les maladies cardiaques notamment.  

La recrudescence des faux médicaments s’accroît simultanément avec l’utilisation massive d’internet, qui permet aux consommateurs de s’approvisionner en ligne, souvent sur des sites illégaux sans le savoir, ce qui complexifie la tâche des autorités publiques, en les obligeant par exemple à multiplier le contrôle des saisies.

Entre 2014 et 2016, 96 % de l’ensemble des saisies douanières en Europe de produits pharmaceutiques de contrefaçon concernaient des envois postaux ou des livraisons par courrier express. Autre exemple, rien qu’en France, sur 5,4 millions de contrefaçon stoppées en 2018, 2,3 millions ont été interceptées dans ces centres de tri postaux consacrés aux petits colis.

Il est nécessaire de rappeler que l’Ordre National des Pharmaciens (pour la France) répertorie les 693 officines agréées à vendre en ligne (http://www.ordre.pharmacien.fr/ecommerce/search).

De nombreuses atteintes à la santé et à la sécurité des acheteurs sont à déplorer. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui fait partie des sources de ce rapport, 116 000 décès en Afrique Subsaharienne sont consécutifs à la consommation de faux produits du secteur de la pharmacie.

« Ce rapport arrive à point nommé, le contexte actuel de crise sanitaire dû au Covid-19 ouvre une brèche et les contrefacteurs n’hésitent pas à en profiter pour produire, distribuer, vendre, et duper les consommateurs, sans se soucier des conséquences terribles que cela peut avoir sur leur santé et leur sécurité », déclare Christian Peugeot, président de l’Unifab. Environ 2 000 annonces en ligne qui concernaient des faux produits pharmaceutiques liés à cette catastrophe sanitaire ont été démantelées par Interpol, que je félicite, ce qui a conduit à la saisie de plus de 34 000 faux masques chirurgicaux. Il faut impérativement tirer la sonnette d’alarme et sensibiliser les consommateurs en leur faisant prendre conscience des enjeux majeurs que cela représente. »

Pascal Faure, Directeur général de l’INPI ajoute : « Depuis plusieurs années, la contrefaçon a pris une dimension considérable, amplifiée par les opportunités qu’offre la vente sur Internet. Aucun secteur économique n’est épargné, comme le prouve  aujourd’hui tristement l’actualité. Danger pour la santé et la sécurité des consommateurs, concurrence déloyale pour les entreprises, destruction d’emplois : la lutte contre la contrefaçon est une nécessité absolue et une priorité pour l’INPI. Il est fondamental que l’ensemble des acteurs publics et privés poursuivent leurs efforts de façon concertée. Nous ne viendrons à bout de ce fléau qu’en conjuguant l’ensemble des leviers et outils à notre disposition, et en sensibilisant, encore et toujours, le consommateur final aux dangers qu’il encourt et à l’importance de réaliser ses achats sur un lieu de vente officiel.»

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