IS2M : la science des matériaux pour répondre aux enjeux sociétaux

Spécialisé dans la science des matériaux – science frontière entre la chimie, la physique, la mécanique, le génie des procédés et la biologie – l’Institut de sciences des matériaux de Mulhouse (IS2M) réalise des recherches qui permettent des applications dans des domaines aussi variés que l’environnement, l’énergie, le transport ou la santé. Rencontre avec son directeur, Vincent Roucoules.
 

> Quelle est l’activité de votre institut en quelques mots ?
Vincent Roucoules
 : Placé sous la tutelle de l’Université de Haute-Alsace et du CNRS, notre laboratoire pluridisciplinaire (chimie, physique, biologie, physico-chimie) mène des recherches fondamentales et appliquées d’excellence dans le domaine des matériaux. Nous travaillons aussi bien sur les surfaces, les interfaces et les méthodes de fonctionnalisation que sur les matériaux poreux. Nous répondons à des appels à projets académiques ou engageons des collaborations de recherche avec des acteurs du monde socio-économique. Ainsi, depuis 2011, nous avons établi plus de 250 partenariats académiques et plus de 80 partenariats industriels. 45 % de notre budget non consolidé provient de la recherche appliquée. Aujourd’hui de nombreux industriels nous contactent pour travailler avec eux. Nous sommes reconnus pour notre capacité à développer des processus innovants de synthèse et de mise en forme des matériaux, des stratégies nouvelles de fonctionnalisation et bio-fonctionnalisation, des méthodes de caractérisation spécifiques et sur mesure, des études sur les interactions surfaces/environnement, et notre capacité à corréler les propriétés aux différentes échelles.

> Que représente pour vous cette nomination aux Trophées INPI ?
V.R.
 : C’est une belle reconnaissance au niveau national qui met en avant le fait que les laboratoires peuvent répondre à des problématiques concrètes du monde socio-économique et qu’ils ne sont pas encrés seulement dans la recherche fondamentale.

> Vous êtes nominé dans la catégorie Recherche, en quoi votre stratégie de propriété intellectuelle est-elle un levier de croissance ?
V.R.
 : Notre cœur de métier est la recherche, mais nous sommes également engagés dans une démarche de valorisation de nos expertises : l’université comme le CNRS regardent les brevets que nous déposons au même titre que nos publications scientifiques. Elle est aussi un gage de qualité pour les industriels. Plus qu’un levier de croissance, la PI est un levier d’activité. Mais nous ne menons pas notre politique PI seuls. Nous nous appuyons sur deux acteurs : la SATT Conectus et l’Institut Carnot MICA. La première pilote les projets de valorisation de notre laboratoire, de la pré-maturation à l’exploitation des licences. Le second a pour objectif de développer des partenariats entre les laboratoires et les industriels. Une belle complémentarité qui s’avère efficace. À ce jour, 23 contrats directs de collaborations R&D sont en cours avec des industriels. Nous avons ainsi 43 brevets actifs et déposons en moyenne 4 brevets chaque année. Et la PI devrait être de plus en plus présente dans notre laboratoire dans les années à venir.

> Avez-vous un conseil à donner à des laboratoires ?
V.R.
 : De ne pas avoir peur de dialoguer avec des acteurs industriels. Il est possible de développer de la belle recherche fondamentale sur leurs problématiques : en faisant de la recherche appliquée, on contribue en effet à enrichir notre recherche fondamentale. Un intérêt commun nous lie.