PLANT ADVANCED TECHNOLOGIES

Trophée brevet 2015, la start-up a mis au point un procédé unique au monde pour tirer le meilleur des plantes.
 

L’innovation, c’est le processus même de la vie

Jean-Paul Fèvre, PDG de PAT

La société PAT – Plant Advanced Technologies – a été créée en 2005 par Jean-Paul Fèvre et deux chercheurs associés qui sont à l’origine du brevet « Plantes à traire » élaboré lorsqu’ils travaillaient à l’Institut National Polytechnique de Lorraine en association avec l’INRA.

Le PDG précise d’ailleurs que la création de la société et son développement doivent beaucoup à ce brevet exploité sous licence exclusive mondiale : « Le savoir-faire ne suffit pas. Un brevet est un gage de sérieux. Ça nous crédibilise vis-à-vis des clients. Nous avons pu créer PAT grâce à lui ». L’entreprise lorraine a depuis développé en propre une deuxième technologie brevetée : « PAT Vendredi ». Les deux révolutionnent chacune à leur manière la façon d’extraire le meilleur des plantes sans les détruire.

Serre de « plantes à traire »

Une usine avec des milliers de plantes

« On a fait de gros progrès dans l’agriculture mais au niveau de l’exploitation des actifs végétaux, on en est encore au stade chasseur-cueilleur d’il y a 7000 ans ! Chez P.A.T on passe au stade industriel » explique Jean-Paul Fèvre. Avec une vertu supplémentaire : leur brevet « Plantes à traire » permet de produire des extraits végétaux d’intérêt sans tuer les plantes.

En effet, leur technique réside dans un système d’exsudation par les racines. Les extraits végétaux produits trouvent des applications dans l’industrie pharmaceutique ou cosmétique. PAT fournit par exemple Chanel pour son nouvel anti-âge.

Le deuxième brevet «PAT Vendredi» consiste à faire sécréter des protéines thérapeutiques recombinantes à des plantes carnivores. Ces protéines sont utilisées en thérapeutique humaine avec par exemple l’insuline ou les sérums anti-Ebola. Le problème des protéines recombinantes qui existent aujourd’hui sur le marché c’est qu’elles sont non seulement rares et extrêmement chères (entre 1 et 10 millions d’euros le gramme) mais aussi produites en général à partir de cellules bactériennes ou animales génétiquement modifiées, ce qui créé un risque sanitaire. Produire des protéines thérapeutiques végétales annule donc ce risque sanitaire tout en réduisant le coût de revient, notamment grâce aux techniques innovantes d’extraction développées par P.A.T.

Leur objectif est aussi simple qu’ambitieux : « créer une usine avec des milliers de plantes ».

Être différent et sans cesse s’améliorer

Quand on interroge Jean-Paul Fèvre sur sa conception de l’innovation, il est spontanément prolixe : « C’est le processus même de la vie ! Il faut être différent et sans cesse s’améliorer. Du point de vue de l’entreprise, ça veut dire créer des ruptures et conquérir de nouveaux territoires et de nouveaux marchés ».