Repetto : la marque bien dans ses ballerines

Lorsque Jean-Marc Gaucher rachète Repetto en 1999, la marque des danseurs est au bord du dépôt de bilan. Elle est redevenue bénéficiaire aujourd'hui et même mondialement connue. Coup de projecteur sur une entreprise qui sait mener la danse dans l'univers du luxe.
 

J'aime faire bouger les lignes. Il est impossible de ne pas innover, sinon on disparaît.

Jean-Marc Gaucher, président de Repetto

Tour à tour fermier, serveur, aide-comptable ou encore ingénieur du son à TF1, rien a priori ne prédestinait Jean-Marc Gaucher à diriger la prestigieuse marque Repetto. Mais remontons un cran en arrière : à l'époque ingénieur du son, l'impétueux autodidacte a envie d'être son propre patron : il créé alors Reebok France qu'il va diriger quelques années. Le succès est au rendez-vous mais l'entrepreneur-né s'ennuie... Il plaque tout pour une nouvelle aventure. Après les baskets, pourquoi pas les chaussons de danse ?!

 

Au moment où Jean-Marc Gaucher s'intéresse à Repetto, l'entreprise est au bord du dépôt de bilan. Elle a pourtant connu ses heures de gloire : créée en 1947 par Rose Repetto, mère du danseur et chorégraphe Roland Petit, elle a ensuite séduit de grands noms comme Noureev ou Béjart. En 1956, c'est dans le 7ème art qu'elle fait son apparition remarquée au pied de Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme. La ballerine de rue vient de naître. Dans les années 60, c'est au tour d'un homme de populariser le modèle « zizi » – créé initialement pour Zizi Jeanmaire : Serge Gainsbourg ne quitte plus ses Repetto blanches. Pourtant, à partir du décès de sa fondatrice en 1984, l'entreprise va passer de mains en mains et péricliter.

Lorsque Jean-Marc Gaucher la rachète en 1999, la marque bénéficie encore d'un certaine image mais elle est bien poussiéreuse. Il note ses objectifs sur un bout de papier : faire de Repetto une marque mondiale ; aux produits exclusifs ; et garder ses références à la danse mais en les retranscrivant dans l'univers du luxe. Une décennie plus tard, c'est chose faite : la marque est bien présente dans de nombreux pays avec une gamme allant des chaussures au parfum en passant par le prêt-à-porter et la maroquinerie. On ne compte plus les partenariats avec des designers et couturiers de renom : Issey Miyake le premier en 2000, Yohji Yamamoto deux ans plus tard et Comme des garçons en 2004. Mieux : Jean-Marc Gaucher a fait de la ballerine de rue un accessoire branché.

Le talentueux président a également su de suite que pour conquérir le monde, la marque devait conserver son ancrage local et sa patte artisanale. Les ballerines made-in-France le sont plus exactement en Dordogne, fabriquées selon la technique du « cousu-retourné » à laquelle tous les salariés, quel que soit leur poste, sont formés. Un savoir-faire adapté aux pointes des danseurs  : cousues et montées à l'envers, les chaussures/chaussons sont ensuite retournés. La marque a d'ailleurs su progressivement reconquérir également le cœur (et les pieds) des danseurs. Ce n'est pas là qu'elle fait ses bénéfices mais son image, sait pertinemment Jean-Marc Gaucher. D'ailleurs reconnaissante à l'art qui l'a vu naître, l'entreprise a créé à l'occasion de ses 60 ans la Fondation « Danse pour la vie » qui soutient des projets utilisant la danse comme outil d'éducation, de réinsertion et de développement personnel.

1947 : Rose Repetto crée ses premiers chaussons de danse sur les conseils de son fils Roland Petit.

1956 : elle crée les ballerines «  Cendrillon  » dédiées à Brigitte Bardot qui les porte dans Et Dieu créa la femme.

1999 : rachat par Jean-Marc Gaucher.

2005 : l'atelier de Dordogne célèbre sa millionième paire de ballerines.

2012 : première collection de prêt-à-porter inspirée du vestiaire de la danseuse.