Bell & Wyson : l'ampoule qui veille sur votre domicile

Cette jeune start-up française, Talent INPI 2015 et représentante de la French Tech, commercialise des ampoules munies de détecteurs de fumée. Une innovation lumineuse dans l'univers en expansion des objets connectés.
 

L'innovation doit rendre service aux gens

Caroll Issa, co-fondateur de Bell & Wyson

Montres, vélos, vêtements : qu'est-ce qui ne sera pas connecté demain ? Mais si ces objets futuristes ont le vent en poupe, il existe néanmoins quelques déceptions du côté des utilisateurs. Des traqueurs d'activité avec lesquels on s'amuse pendant dix jours et que l'on finit par laisser dans un tiroir, par exemple. Lorsque Caroll Issa réfléchit à une idée d'entreprise dans ce domaine, il veut trouver quelque chose qui puisse être utilisé au moins une fois par jour. Issu du monde de la distribution, dans lequel il a travaillé une vingtaine d'années, il revend sa dernière entreprise pour investir dans l'Internet des objets. Mieux que personne, il sait qu'une bonne idée doit se concrétiser en un produit utile, si possible en objet du quotidien.
Un jour, il entend dans les médias un rappel sur la législation anti-incendie : tous les logements doivent être équipés d'un détecteur de fumée à partir de mars 2015. La lumière se fait : « Je me suis dit qu'il fallait concevoir une ampoule simple à installer, munie d'un détecteur, que l'on pourrait piloter avec son smartphone » raconte-t-il. Avec trois associés, il crée en octobre 2014 la société Bell & Wyson et confie son idée à une équipe de quatre ingénieurs. Ceux-ci vont travailler jours et parfois nuits à concrétiser cette intuition fondatrice, le principal problème étant d'éviter la surchauffe à l'intérieur de l'ampoule. LED, module wifi intégré et détecteur de fumée ont en effet trois voltages différents. Un casse-tête duquel les ingénieurs viennent finalement à bout après un an et demi de recherches et près de cinquante prototypes différents. Le brevet sera déposé pour protéger la conception de ce circuit électrique spécifique qui tient ensemble les différentes entités de l'ensemble. Quant au design de l'ampoule, il sera élaboré par l'agence Thomas de Lussac.

Associer des éléments issus d'univers différents

Comme le souhaitaient Caroll Issa et ses trois associés, l'installation et l'utilisation de l'objet sont simplissimes. Une fois l'ampoule en place, il suffit de télécharger l'application adaptée sur son téléphone pour activer le dispositif. En cas de fumée, les utilisateurs reçoivent immédiatement une notification d'alerte. « Il faut savoir qu'en France, une déclaration d'incendie est enregistrée toutes les deux minutes ; 70% de ces déclarations ont lieu en journée, quand on est absent de chez soi », souligne le dirigeant. Au-delà de cette fonction de prévention contre les incendies, l'ampoule connectée peut être allumée à distance, simulant ainsi une présence. « Elle est un produit sécuritaire de surveillance », ajoute-t-il. La sécurité est d'ailleurs un champ privilégié d'exploration pour Bell & Wyson. L'équipe toujours constituée de quatre ingénieurs travaille déjà sur les produits d'après : une ampoule intégrant une caméra vidéo et un micro, et une ampoule « 3 en 1 » cumulant détection de fumée, vidéo, et éclairage (quand même). « L'idée est d'avoir un produit avec plusieurs fonctionnalités, dont au moins une qui puisse être activée tous les jours », précise Caroll Issa. La vidéo renforce la sécurité anti-incendie puisqu'elle permet de vérifier par l'image la situation en cas d'alerte ; elle peut également enregistrer les intrusions éventuelles. Comme pour le premier produit développé par la société, l'innovation technologique consiste à associer ensemble des éléments issus d'univers différents. L'objectif reste le même : « En premier lieu, créer un objet utile », insiste Caroll Issa. 

A la conquête du monde

En attendant ces nouveaux développements, la jeune start up compte cette année sur un chiffre d'affaires de trois millions d'euros pour l'ampoule-détecteur de fumée. Représentante de la French Tech et soutenue par Bpifrance, elle a pu vérifier son potentiel d'attraction à l'extérieur des frontières hexagonales. « C'est la raison pour laquelle nous allons étendre à l'Europe le territoire associé au brevet, pour le moment restreint à la France », explique Caroll Issa. Les Etats-Unis et l'Australie sont également des terrains de prospection, même si les différences de normes entre les continents obligent à des ajustements technologiques. Dès la création de la société, Caroll Issa avait d'ailleurs une ambition internationale : « Si j'ai choisi ce nom aux consonances anglo-saxonnes, c'était bien dans l'idée d'investir les marchés étrangers », souligne-t-il. Bell & Wyson devrait donc bientôt contribuer à faire rayonner la France à l'étranger...