Safety Line : « six brevets au service d’une transformation numérique plus sécuritaire et durable dans le transport aérien »

Safety Line, start-up parisienne spécialisée dans les solutions logicielles d’analyses prédictives, développe des outils d'aide à la décision permettant de réduire la consommation et les coûts de carburant des exploitants du secteur aéronautique. Karim Tekkal, directeur technique, revient sur la stratégie de propriété intellectuelle (PI) de l’entreprise, récompensée dernièrement aux Rencontres Internationales de la French Tech dans la catégorie «Résilience».
 
  • Crédit image Safety Line
  • Crédit image Safety Line

Safety Line a été créée en 2011 par Pierre Jouniaux, ingénieur aéronautique, pilote de ligne, ancien directeur d'enquête au BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses).
Comment révéler les risques opérationnels liés à l'exploitation d'un avion et faire évoluer l’approche de la sécurité dans le transport aérien ? Tel était le postulat de départ de Pierre Jouniaux et ses équipes scientifiques qui se sont lancés dans l’analyse de données enregistrées par les avions (données QAR, copies non protégées des boîtes noires) afin de mieux anticiper certains risques d’accidents. En travaillant sur cet aspect sécuritaire directement lié à l’optimisation de la trajectoire et la vitesse d’un avion de ligne, l’entreprise a, de fait, pris rapidement un virage « vert » (réduction de carburant jusqu’à 15 %). 

Aujourd’hui Safety Line développe plusieurs produits et technologies liés à la gestion des risques dans le domaine du transport aérien et s’appuie sur le big data afin que les pilotes puissent optimiser les trajectoires durant toutes les phases de vol. Ces solutions permettent de limiter les émissions en CO2 et de réduire ainsi les coûts opérationnels des transporteurs aériens.

  • 30 salariés
  • 6 brevets
  • 8 marques françaises dont :
  • OptiFlight : logiciel qui prend en compte les données issues des boîtes noires lors de la phase de montée - la plus énergivore - et la phase de croisière pour économiser du carburant ; 
  • OptiClimb : logiciel d’exploitation des données pour déterminer le profil de montée idéal pour chaque vol permettant de réduire significativement la consommation de carburant des avions ; 
  • SafetyCube : logiciel de gestion de la sécurité et de la conformité dédié aux aéroports, compagnies aériennes et organismes de maintenance.

Karim Tekkal, directeur technique en charge des équipes de recherche et développement chez Safety Line, a travaillé au commissariat de l’énergie atomique (CEA), dans la direction de la recherche technologique avant de rejoindre le projet en 2013. Il revient sur la stratégie de PI et de développement de l’entreprise.

Quels sont les points forts de Safety Line dans le secteur de l’aéronautique ? 

Karim Tekkal : Le savoir-faire de Safety Line est mondialement reconnu dans le secteur du digital lié à l’intelligence artificielle. Nos logiciels tournés vers la réduction de carburant et la rentabilité s’inscrivent dans une démarche durable, désormais incontournable dans l’aviation, et accélérée par la crise sanitaire.
La taille de notre structure (30 salariés) est un atout majeur qui nous rend plus agile que nos concurrents industriels. Néanmoins notre politique d’innovation et de partenariat s’appuie sur des acteurs importants et incontournables du transport aérien comme ADP (co-détenteur d’un brevet) ou des leaders dans la recherche en informatique comme l’INRIA (également co-détenteur d‘un brevet). Ce type de collaboration conforte notre expertise aux yeux de nos clients et nous permet aussi de nous défendre en cas de contrefaçon. Nos différentes solutions techniques laissent présager de belles opportunités dans un marché en pleine croissance.

Quelle est votre stratégie de propriété intellectuelle ?

K. T. : Notre stratégie de dépôt de brevet se base essentiellement sur notre capacité à démontrer l’activité inventive de nos solutions digitales. Au départ, Safety Line a développé des logiciels basés sur l’exploitation des données permettant d’analyser les phases de montée des avions (phase la plus énergivore en termes de carburant). Au fil des années, ce savoir-faire a été étendu à toutes les phases de vol liant à la fois l’aspect économique mais aussi environnemental (réduction émissions en CO2), et ce, dès la phase de roulage.
Le dernier brevet en date concerne un procédé d’optimisation d’un plan de vol constitué d’une route aérienne pour un aéronef, il s’appuie sur un modèle d’apprentissage d’un réseau de routes aériennes propres à la flotte d’aéronefs.
Notre entreprise évolue dans un secteur de pointe avec de nombreuses innovations ; il est donc essentiel d’avoir déposé plusieurs brevets parallèlement à une politique de secret pour se confronter aux gros industriels du marché. Notre portefeuille de brevets et plus largement nos actifs PI sont des éléments indispensables dans le cadre de levées de fonds.
Safety Line a également déposé huit marques correspondant aux différentes solutions techniques et noms de logiciels : une stratégie basée dès le départ sur des terminologies anglaises visant un marché international (40 clients à travers le monde).
Au-delà de notre stratégie de PI, clauses de confidentialité et de non concurrence, prévoyant le respect des données clients, complète notre politique de partenariat.

Quelles sont vos prochaines phases de développement ?

K.T. : Nous souhaitons nous déployer sur le marché des Etats-Unis et de la Chine à moyen terme. A ce sujet, nous avons été mis en relation avec Charlotte Beaumatin, conseillère régionale INPI aux USA, qui nous a orientés vers des professionnels de la PI afin d’échanger sur notre stratégie de développement sur le marché américain. Après une première rencontre avec l’INPI en 2012 lors d’un Prédiagnostic PI, nous envisageons aujourd’hui de poursuivre vers une Master Class PI pour mettre la propriété intellectuelle au cœur de nos actions et construire des stratégies de dépôts et d'extensions adaptées à nos marchés prioritaires.

À suivre…