GREMI : Groupe de recherches sur l’énergétique des milieux ionisés

Les travaux du GREMI, unité mixte de recherche de l’Université d’Orléans et du CNRS, portent sur les procédés plasma, les procédés laser et leurs applications dans de nombreux domaines. Entretien avec Éric Robert, l’un des 27 chercheurs du laboratoire.
 

> Pouvez-vous nous présenter l’activité du laboratoire en quelques mots ?
Éric Robert
 : Nous travaillons sur les plasmas et leurs applications. On parle aussi de gaz ionisé ou encore de quatrième état de la matière (cf. les états liquide, gazeux, et solide, NDLR). Il existe des plasmas naturels, comme les étoiles ou les aurores boréales, et des plasmas de laboratoire créés par décharge électrique dans un gaz. Les domaines d’application sont multiples. Je peux en citer quatre sur lesquels nous travaillons au GREMI : le médical et biomédical, avec par exemple le traitement des cancers ou du vieillissement de la peau ; la micro-électronique, avec la fabrication de composants ; le domaine des piles à combustible, qui est l’énergie du futur ; et enfin, les plasmas poudreux, avec des applications en cosmétique et pour l’environnement par exemple. Sachant qu’en tant que laboratoire des sciences de l’ingénieur, nous travaillons sur toute la chaîne de valeur : des aspects fondamentaux aux applications.

> Que représente pour vous cette nomination aux Trophées INPI ?
É. R
. : C’est un éclairage très valorisant de nos travaux liés aux applications, qui ne sont pas forcément les plus reconnus dans le milieu de la recherche. Cela démontre l’intérêt de travailler sur toute la chaîne de la recherche ! C’est aussi une source de motivation pour nos équipes.

> Vous êtes nominé dans la catégorie recherche ; comment utilisez-vous la propriété intellectuelle dans ce cadre-là ?
É. R.
 : Quand nous trouvons quelque chose d’original, nous faisons en sorte de le protéger. De plus, le fait de posséder des brevets donne confiance aux industriels et nous aide à établir des relations de collaboration à long terme. Deux d’entre elles durent depuis plus de dix ans. Sur la période 2012-2016, nous avons été impliqués dans une quinzaine de contrats industriels bilatéraux. Dans ces cas-là, nous partageons la propriété des résultats. Cela passe par des accords de licence. Parfois, nous déposons le brevet et cherchons ensuite un partenaire susceptible de l’exploiter. Je tiens par ailleurs à souligner que les projets évoqués dans cette interview ont pu être développés grâce au soutien de nos tutelles, l’Université d’Orléans et le CNRS, mais aussi de la SATT Grand Centre et de la Région Centre Val de Loire.

> Le thème de cette édition est « Sacrés Français ! » : qu’est-ce que cela vous inspire ? Vous reconnaissez-vous dans cette expression ?
É. R.
 : Les autres laboratoires dans le monde qui travaillent sur les plasmas, notamment en Allemagne, aux États-Unis, au Japon et en Corée, sont de grosses entités avec des centaines de personnes. Nous sommes bien moins nombreux. Dans le domaine des applications biomédicales par exemple, nous n’avons que deux ou trois permanents. Mais nous arrivons à nous faire connaître par l’originalité de nos recherches. Traiter le cancer avec des plasmas par exemple, ça n’avait jamais été fait. C’est une idée née du croisement de plusieurs disciplines, ce que nous savons très bien faire en France, en partie par obligation puisque nous devons souvent, pour décrocher des financements, trouver des partenaires. Ça nous oblige à mettre en commun nos savoirs et à nous faire comprendre — ce qui est une bonne chose.